Camargue – La mission!

Pour les besoins d’un projet, sur lequel je reviendrai ici dans les tous prochains jours, je suis allé en Camargue pour photographier le lever de soleil. Le projet initial de cette session était de m’installer à l’ouest de l’étang de Vaccarès quelque part par ici:

etang-vaccares

Le soleil se levant à 7h04 le jour du shooting, j’avais prévu un réveil à 4h40 pour un départ à 5h, pour arriver à 6h à l’endroit prévu. J’avais préparé tout le matériel la veille: appareil photo, objectif, batterie supplémentaire, carte SD formatée, écouteurs pour le lecteur MP3. J’avais aussi regardé et noté le trajet qui semblait plutôt simple. Le sac était prêt. Au matin j’ai une dernière fulgurance: prendre une veste et une écharpe. Alors qu’il fait 20°C le matin depuis quelques jours, je me dis que proche de la mer et sur les bords de l’étang il n’est pas impossible que l’air soit plus frais. Peu de chances toutefois.

5h10 je démarre et pars d’Avignon sans carte, ni GPS, avec seulement le trajet rapidement écrit sur un bout de papier. Tout se passe bien. C’est aux alentours de Fourques que je commence à hésiter sur la route. Quelques rapides demi-tours, quelques arrêts pour vérifier un peu le chemin au jugé, je repars. Puis je me perds dans Fourques, il est 5h45.
Je trouve par hasard un plan du village, qui malheureusement ne m’aide en rien. Et aucun moyen de retrouver la route pour au moins faire demi-tour. L’heure tourne. Et pour un shooting de ce type, il est primordial d’être à l’heure. Le soleil sauf cataclysme se lèvera à l’heure dite. Il se peut que quelques nuages bloquent la vue, ce qui pourrait donner un peu de répis au photographe en retard, mais pourraient aussi flinguer la photo finale.

Le stress commence à monter. Je reprends la route, en pensant reprendre à peu près le chemin par lequel je me suis perdu. Et dans une rue, par miracle, je vois une dame se préparer à partir au boulot. Arrêt de la voiture, descente, course vers la maison que j’ai dépassée. A cette heure-ci il est rare de croiser des gens, sans le vouloir je lui ai fait un peu peur, lui présente mes excuses et lui demande le chemin pour sortir de ce village et filer à l’étang. Explications claires. Je la remercie et file à mon rendez-vous avec notre étoile. La route retrouvée, je regarde le ciel qui s’éclaircit de plus en plus, je me rapproche de mon but et je n’ai plus beaucoup de temps. Malheureusement je vais faire une nouvelle erreur, je tourne à droite où il fallait tourner à gauche. Adieu étang de Vaccarès je ne te photographierai pas cette fois.
Une fois la prise de conscience de l’erreur passée et après un ou deux demi-tours, je décide qu’il est trop tard pour essayer de rejoindre mon point de rendez-vous original, et je vois un panneau indiquant un petit village un peu à l’écart de la départementale. Je me dirige vers ce village, et trouve un cul de sac à coté d’une rizière. Point de vue dégagé vers l’est. Je stoppe la voiture et décide de shooter le lever de notre astre ici.

shooting-camargue

Je sors de la voiture, m’approche du champ, commence à viser pour faire mes réglages, et là, le drame. Attaque massive d’une trentaine de moustiques. Évidemment, avec les quantités d’eau stagnante pour les plans de riz, je me suis un peu retrouvé à moustiqueland. Bataille avec la nuée qui m’attaque, je me replis vers la voiture et utilise ce que je ne pensais pas vraiment utile vu la température plus que clémente de cette aube. Veste à capuche, écharpe, transformer le pantacourt en pantalon. Et pendant les 45minutes de shooting, je n’ai pas arrêté de bouger, pour éviter les moustiques.
A chaque moment où je prenais une photo, je voyais un, deux, voire trois moustiques se poser sur mes doigts. Joli challenge d’être habillé comme en automne, alors qu’il fait 25°C, à ne pas pouvoir se poser trop longtemps pour viser, cadrer et shooter sous peine de se retrouver avec quelques piqures de moustiques sur les doigts et les mains. Autre challenge, éviter les petites grenouilles qui se balladent dans l’herbe autour des champs. J’espère sincèrement n’en avoir écrasé aucune. J’en ai même une qui a été mon « assistante » pendant quelques minutes, à me suivre un peu, et s’installer pas très loin de mon pied et ne plus bouger en attendant que je quitte la zone.

grenouille-assistante

(photo floue, j’avais toujours des attaques de moustiques incessantes, et elle était bien cachée la bougresse)

Le retour a été mouvementé aussi, avec la fatigue je me suis trompé de route et m’en suis aperçu que bien tard, mais je suis arrivé à bon port.
Le projet initial est raté, mais dans mon malheur j’ai pu sortir quelques très jolies photos (certaines avec le disque solaire qui sort au dessus des alpilles bien découpées) dont celle en tête d’article, que vous pourrez voir en vrai dans quelques jours (mais ça je vous en parlerai très vite ici).

Sep 7, 2016 | Posté par dans Pérégrinations | 1 commentaire

Commentaires (Une réponse)

  1. Adri dit :

    Super histoire 🙂 et super photo !
    Good luck +++

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